Je ne m'étais pas assez bien préparée à notre intrusion sur le sol américain, mon projet de tester les piscines de tous les motels où nous passerions a échoué dès le commencement. Au matin du deuxième jour je n'avais même pas aperçu le bassin du Quality Inn, mais j'ai commencé à figer mes spotters dès le réveil! Ainsi que notre monture qui nous supportera tout le long du séjour...
J’ai dû confronter mon anglais dès notre premier matin américain auprès d’une serveuse de dinner qui n’aura finalement jamais ralenti son débit vocal ni articulé ses
propositions de commande. J'ai quand même reçu un peu d'aide de mes compagnons qui s'amusaient de mon désappointement : j'ai fini par apprendre à demander des œufs "assez faciles" alors que je
les aurais voulu "cuits n'importe comment mais baveux"! Mon premier vrai repas en sol américain était constitué de pommes de terre en lamelles, bacon, œufs, pancakes, jus de fruits... Mais
pourquoi les portions faisaient-elles chacune le double du volume de mon estomac? Après avoir tenté de finir l'ensemble j'ai dû m'avouer vaincue côté digestion. Les garçons avaient raison de ne
pas prévoir de repas pour le midi, mon système digestif avait déjà décidé qu'une journée ne suffirait peut être pas pour venir à bout de ce premier repas!
Direction French Valley pour tenter de trouver le hangar dans
lequel une amie de Spooky restaure de vieilles choses volantes (bon, d'accord, un Phantom n'est pas forcément une vieille chose selon son état de conservation!) Shayne, pulpeuse
blonde californienne aimant retaper des F-4A(avec-une-aile-de-B) est une talentueuse peintre pour hélico. À l'occasion de la visite de son hangar, j'ai pu enfin faire la connaissance de
mon premier Phantom grandeur nature et vrai. Je l'ai reconnu rien qu'en voyant son museau pointer entre les portes du hangar, je suis bien conditionnée par les maquettes de Spooky, non?
Nous avons pu lui tourner autours Spooky a pu lui caresser les empennages, il a pu prendre en photo ses entrailles. Enfin il a finit par l'embrasser sur le museau poussiéreux (notez que c'est un
nez moins gros que ce qui traîne dans les étagères de Spooky, il paraît que c'est une version qui n'était pas censée avoir le radar devant : vous voyez, je retiens bien?) Après avoir rencontré un
Kiowa et demi, nous avons dû repartir dans le désert, en quête d'autres choses volantes.
J'ai subi d'affilée deux musées aériens : le Yanks Air Museum et le Plane of Fame of Chino . Je me suis laissée allée à
l'étonnement : ces musées ouvrent, même s'ils n'auront de leur journée que quatre français perdus au milieu du désert californien. Beaucoup d'avions au mètre carré, la première salle
présentant les plus vieux modèles ne m'a guère inspirée, à part pour essayer de faire de l'art
avec les freins de piqué sortis d'un Dauntless. Je ne connais pas ma chance d'avoir vu un Black Cat, Tiger Cat, Tom Cat, Bear Cat, Black Widow ou je ne sais quel
T-6 (ils sont toujours jaunes ou bleus?...) Quoi qu'il en soit, si je ne les ai pas
vus dans ce musée, je les ai croisés dans la suite de notre périple... ou pas. J'ai tourné
autour de quelques uns, essayé de piéger mes spotters, mais les avions étaient enchevêtrés
et n'aidaient pas à prendre des photos simples. La seconde salle m'a beaucoup plus plu, étant donné qu'il s'agissait
d'avions plus récents, en fait c'est surtout parce que je suis tombée nez-à-nez avec un Hawkeye, chose à laquelle je ne m'attendais pas dans un petit musée... Pleine d'a priori je suis
entrée, toute naïve je suis ressortie! Suite à cela je suis restée le nez derrière l'objectif, m'amusant de chaque tas de tôle que je pouvais croiser.
Mon cher Spooky a trouvé un de ses Phantoms derrière une grille, dans un piteux état, mais ça vaut toujours le coup de s'étirer au dessus des grillages, n'est-ce pas messieurs? Restons calmes : le grillage est assez lâche pour faire les photos dans les mailles !
Le Plane of Fame of Chino offre la possibilité de
voir moult types d'avions, tous dans un état remarquable, le plus souvent en état de vol : pissant de l'huile au-dessus d'un baquet. J'ai pu voir pour la première fois le fameux P38 Glacier
Girl, en très bel état, mais qu'a-t-il donc de si spécial? Il a seulement résisté à la neige froide du Groenland pendant quelques paires
d'années. Et il paraît que c'est rare cet oiseau-là!J'ai eu la chance de voir plusieurs P38 (eh oui il y en avait un et demi dans un hangar pas loin...), une aile volante, des avions-cibles et même des appareils utilisés pour des prises de vue de films.
En fait, ça court les rues les P38 en état de vol!Le musée raffole des répliques à l'échelle 1 de Bell X2 (épisode 1 de Code Quantum d'après mon geek personnel), de la capsule Apollo et d'autres objets ayant connus une gloire aérienne. Nous en avons eu plein les mirettes!
Une fois notre seconde journée américaine remplie de son quotta d'avions, nous avons pu faire route vers notre prochain point d'arrêt : Palm Springs!
Sur la route nous croisons la contradiction, récurrente sur ce territoire, des hectares de champs d'éoliennes, neuves ou anciennes, toutes serrées dans la vallée et sur les collines, côtoient à quelques miles près des hectares de pâturages de bovins pas si verts que ça et pas si appétissants... Respectons la nature, mais avant tout sachons en profiter à notre propre avantage : bien dommage.
Arrivons à Palm Springs! La ville est digne des séries que l'on voit à la T.V. : les palmiers entourent les villas aux styles riches mais à la
fois original. Toutes les terrasses de cafés ou de restaurant offrent au consommateur-roi des brumisateurs à volonté, les talus sont tous irrigués, les palmiers arrosés et les piscines
réchauffées. Notre hôtel de luxe déborde de bougainvillée, nous pouvons marcher pied nus dans l'herbe jusqu'à la piscine privative et au spa. Un seul spotter sur les trois a pu profiter du luxe
de la piscine en plein désert, admirons son pied!J'ajouterais en guise de conclusion aujourd'hui un petit mot sur les supermarchés américains : méfiez-vous de ce que vous indique le GPS, un supermarché peut très bien ne pas vendre de produits frais ou même réfrigérés, nous avons particulièrement peiné à trouver de quoi manger "sain" dans cette ville, sachant que chaque fruit ou légume que nous avons pu croiser était comme verni, avait exactement le même gabarit que son copain d'à côté et ne semblait pas avoir connu la terre ferme... Ne regardez pas ce que vous mangez et buvez de la canneberge!


Ma vie, devenue belle, qui m'appartient de
plus en plus...
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